OUT RAGE

(Willem dans Libération, 2 juin 2017)

On avait beau s’y attendre, cela fait quand même un choc… L’Amérique de Trump est donc sortie de l’accord climat laborieusement construit et adopté par 197 pays réunis à Paris il y a deux ans. C’est évidemment une très mauvaise nouvelle, pour la planète, l’humanité, les populations et les pays les plus touchés par le changement climatique… et pour les Etats-Unis eux-mêmes, dont la population va pâtir de cette décision et dont le leadership est durablement atteint. Ce pays qui a l’habitude de se poser en modèle et en « grand frère »  du monde est aujourd’hui isolé sur la scène internationale (en compagnie de la  Russie, quand même, ce qui n’est pas rien), même si l’on se doute bien que le mauvais exemple qu’il donne va encourager d’autres pays à s’affranchir eux aussi, plus discrètement peut-être, des contraintes imposées par l’accord.

Cela dit, il n’est pas interdit d’être raisonnablement optimiste quant à la suite des événements. D’abord parce que la protestation unanime des grands dirigeants de la planète contre cette décision peut laisser espérer le maintien voire le renforcement de la coalition internationale contre le réchauffement climatique. L’Europe et la Chine, en particulier, ont d’ores et déjà réaffirmé leur volonté en la matière. Comme pour la tiédeur du soutien apporté par Trump à l’OTAN, la décision américaine peut encourager les Européens à se rassembler derrière des objectifs plus ambitieux.

(Lascar dans Science et Avenir)

Ensuite parce que, fort heureusement, Trump ne résume pas à lui seul toute l’Amérique. Beaucoup d’Américains lui sont hostiles et verront leur combativité renforcée par ce nouveau coup de force (le seul, à vrai dire, que pouvait s’autoriser un président déjà démonétisé et qui voit toutes ses initiatives bloquées par le Congrès). Si Trump va jusqu’au bout de son mandat, ce qui est loin d’être sûr si les enquêtes sur sa collusion avec la Russie de Poutine vont jusqu’au bout, on peut espérer que la majorité d’Américains qui avaient voté contre lui à l’élection de 2016 soient encore plus nombreux en 2020 et lui barrent la route d’une réélection ; 2020 qui sera aussi la date de sortie officielle des Etats-Unis de la COP21…

Sans attendre ce rendez-vous électoral, beaucoup de citoyens, de villes, d’entreprises américains qui ne croient pas que le réchauffement climatique soit un « canular inventé par les Chinois » (Trump dixit) s’emploieront à prendre les mesures qui s’imposent pour limiter ce réchauffement. Les gouverneurs des Etats de Californie, de New York et de Washington ont déjà déclaré qu’ils allaient « former une alliance pour le climat » et veiller au respect de l’accord de Paris. Idem pour le maire de Pittsburgh, la ville que Trump a déclaré vouloir défendre plutôt que Paris, qui a rappelé que sa ville avait voté à 80% pour Hillary Clinton et qu’elle était engagée à fond dans l’indispensable transition climatique…Les dirigeants de plusieurs grandes entreprises et de fondations philanthropiques ont également dénoncé la décision du président américain. De quoi réchauffer nos coeurs, à défaut de refroidir la planète!

Nawak (http://www.nawak-illustrations.fr/2016/11/trump-rechauffement-climatique/)

Je profite de ce post pour faire part de quelques manifestations à venir (une fois n’est pas coutume, je donne l’info avant l’événement!).

Le 8 juin prochain, nous nous retrouvons à l’Ecole des Chartes pour la cinquième séance du séminaire Culture / Communication, qui portera sur une comparaison internationale des rapports entre culture, communication et pouvoir politique.

Voici le programme :

8 juin 2017 : D’autres modèles nationaux. Une perspective comparatiste des rapports entre Culture et Communication (Ecole des Chartes, 65 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement de Paris) à 16h.

Jérôme Bourdon (Université de Tel Aviv), sur le modèle israélien

Simon Dawes (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), sur le modèle britannique.

avec les interventions de Emmanuel Hoog, président-directeur général de l’AFP et Laurence Franceschini, ancienne directrice générale des médias et des industries culturelles du ministère de la Culture et de la Communication.

Le lendemain, vendredi 9 avril, aura lieu une journée d’étude dans le cadre du programme de recherche sur les capitales européennes et la culture depuis 1945 au ministère de la Culture et de la Communication, salle Molière, à partir de 9h. Cette journée, organisée par Françoise Taliano-des-Garets, portera sur les rapports entre culture et politique à Berlin, Londres, Madrid et Paris depuis 1945.

Voici le programme :

PROGRAMME JE 9 juin 2017

Vous êtes les bienvenus!

LM

 

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