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Histoire comparée des censures (M9A302)

Bonjour,

je place ici les pdf contenant les textes et documents servant de support au cours-séminaire M9A302 (2e année de master Médiation culturelle de Paris 3) sur l’histoire comparée des censures aux XIXe et XXe siècles.

brochure cours M9A302 – 1er semestre 2016-2017 pages 1-127 brochure cours M9A302 – 1er semestre 2016-2017 pages 128-201

J’y ajoute ce texte, qui reprend en partie l’introduction au volume que j’avais dirigé aux Presses universitaires de Rennes l’an passé sur les Censures dans le monde, XIXe-XXIe siècles (voir sur ce blog le post daté du 3 décembre 2016).

Pour qui s’intéresse aux rapports entre culture et politique dans l’histoire comme au présent, la censure est un objet de choix. En nul autre lieu de la vie en société l’antagonisme n’est plus frontal entre le vouloir dire et le pouvoir d’interdire, ce qui ne peut que susciter l’intérêt de chercheurs qui cherchent à pénétrer les mystères de la physique sociale. La censure est l’une des manifestations par excellence de l’exercice du Pouvoir, une de ses dimensions constitutives. Comment comprendre les permanences et les évolutions de cet interdit qui pèse sur la parole, sur l’écrit, sur l’image, sur toutes les formes d’expression ? Pourquoi des hommes et des femmes (mais surtout des hommes, cela n’est pas indifférent) ont-ils empêché d’autres hommes et femmes d’accéder à, ou de diffuser certaines productions symboliques, pour quelles raisons et selon quelles modalités ce qui semble spontanément si naturel, normal, légitime à ceux qui ont eu la chance de naître sous un régime qui valorise la liberté – pouvoir s’exprimer librement, et accéder librement à l’expression d’autrui – non seulement est le produit d’une longue évolution des mentalités et de quelques batailles (le droit naturel est, comme on sait, une notion éminemment culturelle, et politique) mais ne s’est pas imposé partout ni toujours de la même façon et, là où il s’est imposé, n’est jamais allé de soi et n’ira sans doute jamais de soi.

Mais, avant de le comprendre, il s’agit d’abord de faire litière de deux rumeurs, qui sont aussi deux idées reçues. Selon la première, la censure serait partout, tout serait censure. Dans nos sociétés pourtant (ou parce que) libérales et démocratiques, tout est perçu et dénoncé comme censure : l’intervention de l’État et de l’Église ou des Églises (le Parlement ne censure plus guère, sinon ses propres membres), mais aussi les décisions des tribunaux, l’action des divers groupes d’intérêt et de pression, le choix des « médiateurs » de ne pas faire paraître / distribuer / publier / passer à l’antenne telle ou telle œuvre de création, celui des producteurs ou créateurs de ne pas utiliser tel mot ou telle expression ou leur volonté de garder le contrôle sur leur production, et jusqu’à l’attitude des récepteurs ou consommateurs qui, en rejetant ce qui leur est proposé, produiraient un effet de censure en orientant les décisions des producteurs et des médiateurs dans le sens des valeurs dominantes. A lire ou à entendre ce qui s’écrit ou se dit communément sur la censure, celle-ci ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. Ce qui pose quand même un sérieux problème d’interprétation. Parle-t-on de la même chose lorsqu’on dit qu’un tribunal « censure » un livre parce qu’il le condamne au nom de règles de droit issues d’un débat démocratique (même si la règle peut être injuste au regard de certains critères, et même si le débat peut être faussé par des biais de toute nature) et lorsqu’on dit que la police politique d’un régime dictatorial « censure » un livre (et, éventuellement, maltraite son auteur) parce qu’il dérange le pouvoir en place ? Rien, vraiment, n’a-t-il changé en France et dans d’autres pays comparables depuis le temps de l’Ancien régime où l’État, l’Église, et le Parlement censuraient qui et quoi bon leur semblaient – avec d’ailleurs bien des nuances[1] – ?

Dans les vingt dernières années, de nouvelles approches sont apparues dans l’étude des phénomènes censoriaux, que l’on a parfois désignées sous le terme de « nouvelles censures », confondant parfois l’objet et la démarche scientifique qui le nomme. Pour Beate Müller, qui a édité un important recueil collectif sur la censure[2], la distinction entre régimes censoriaux et régimes libéraux ne passe plus entre censure préventive (a priori de toute diffusion et de façon arbitraire) et contrôle répressif (a posteriori de la diffusion et selon des règles de droit), mais entre censure régulatrice et censure structurale. Selon elle, « le renouveau des études sur la censure dans les deux dernières décennies n’est pas seulement dû à l’implosion du bloc soviétique et à l’ouverture des archives officielles des États d’Europe de l’Est à la recherche qui en fut la conséquence, mais également à des changements conceptuels dans notre compréhension de la censure ». Les promoteurs de cette notion de « nouvelle censure » ont proposé une vision de la censure bien plus large que la vision classique en affirmant que, à côté de la censure « institutionnelle », « interventionniste », « régulatrice », les interactions et la communication sociales sont affectées par une censure « constitutive », ou « structurale », laquelle regroupe les formes de régulation du discours qui influencent ce qui peut être dit, qui peut le dire, à qui, comment et dans quel contexte[3]. Ceux qui défendent ce point de vue insistent sur le fait que la censure est inévitable, quel que soit le contexte socio-politique.

On conçoit aisément les avantages d’un tel élargissement du sens : une prise en compte des formes subtiles, « invisibles », du contrôle social, une relativisation de la démarcation stricte entre ancien et nouveau régimes, régimes censoriaux et régimes répressifs, dictatures et démocraties libérales ; une salutaire prise de conscience, aussi, qu’il n’y a pas de société ni de parole entièrement libres, que toujours un contrôle s’exerce sur la parole et la pensée. Mais jusqu’où peut-on aller dans cette relativisation ? Pas jusqu’au point, selon nous, d’annuler toute forme de différence entre ces différents régimes. Sur le continuum qui mène de la liberté la plus large (jamais totale) au contrôle le plus strict (qui comporte toujours ses failles), il y a des différences de degré qui peuvent sembler des différences de nature. Si des pays comme la France ou les États-Unis sont loin d’être les modèles de vertu démocratiques qu’ils prétendent être, on ne saurait pour autant les mettre sur le même plan, pour ce qui est de la liberté d’expression, avec la Chine de Xi Jinping ou la Russie de Vladimir Poutine – n’en déplaise à ce dernier, qui créa il y a quelques années des « instituts pour la démocratie et les droits de l’homme » en Occident afin de tourner en dérision les accusations portées contre lui par les organisations occidentales de défense des droits de l’homme. La tentation hyper-relativiste est d’autant plus dangereuse que les sources disponibles semblent l’autoriser : par une sorte de paradoxe qui s’explique très bien, la documentation sur les atteintes portées à la liberté d’expression en Occident est beaucoup plus abondante que celle dont on dispose sur les régimes dictatoriaux, ces derniers n’ayant évidemment pas pour habitude de faciliter le travail d’enquête des journalistes ou des spécialistes de sciences sociales sur leurs agissements.

Selon la seconde rumeur, inverse de la première, nos sociétés occidentales, ouvertes, communicantes, transparentes, se caractériseraient par la disparition de toute forme de censure, remplacée par des dispositifs de contrôle, de régulation ou de répression veillant avant tout à la protection de la vie privée et à la dignité des personnes. Alors que, dans l’Europe du XIXe siècle, la censure était le moyen de prévenir le scandale, c’est-à-dire la rupture éclatante, symboliquement coûteuse et politiquement dangereuse, de l’ordre existant, c’est désormais la censure elle-même qui fait figure de scandale dans nos sociétés occidentales post-modernes, saisies par le démon de la transparence et du « tout communicationnel ». C’est que l’ordre moral dominant, ou la norme moyenne, veut aujourd’hui tout révéler et tout connaître, immédiatement et universellement. La censure apparaît comme l’abus d’autorité par excellence, à l’heure où les formes traditionnelles de l’autorité sont partout rejetées. Puisqu’il est devenu interdit d’interdire, la censure apparaît comme une atteinte intolérable aux libertés publiques et individuelles, au premier rang desquelles les libertés de s’exprimer et de savoir. Sous le regard panoptique des médias, les grands mais surtout les petits secrets sont mis à nu, il n’y a plus de séparation entre les sphères privée et publique, l’exhibitionnisme et le voyeurisme tendent à remplacer le principe de publicité.

La censure, selon cette seconde idée reçue, opposée comme on voit en tout point à la première, serait donc en voie de disparition, accablée sous le mépris général. On en parlerait d’autant plus qu’elle constituerait une anomalie, une pathologie résiduelle de la communication optimisée, un épouvantail commode. Le juriste Maxime Dury s’interrogeait naguère si « l’utilisation lâche du mot censure », la tendance à l’utiliser à tout propos pour dénoncer toutes sortes de contraintes, ne dérivait pas d’un « effacement de la chose elle-même », telle que le droit l’énonce[4]. De fait, la définition juridique de la censure, du moins dans la tradition libérale, distingue classiquement le régime préventif, dans lequel l’autorité administrative intervient a priori de la mise à disposition du public de l’œuvre ou de l’objet médiatique pour empêcher, différer ou modifier les formes de cette diffusion, et le régime répressif, dans lequel l’intervention s’effectue, le cas échéant, a posteriori de la diffusion, pour sanctionner les abus ou réparer les dommages causés par celle-ci. Au sens strict, seul le premier type d’intervention correspond à la censure, l’autre type relevant des moyens dont se dote tout régime de droit pour organiser l’espace public. Dans le droit libéral, la censure s’oppose à la liberté comme l’arbitraire s’oppose à la rationalité juridique ; dans nos sociétés démocratiques, la liberté serait désormais la règle et la contrainte l’exception.

Les deux rumeurs contradictoires relatives à la censure – sa prolifération ou sa disparition – ont pour racine commune la mauvaise réputation faite à la censure. C’est un troisième obstacle épistémologique qu’il nous faut surmonter si nous souhaitons proposer une vision plus exacte des phénomènes censoriaux. Selon l’opinion commune, la censure est intrinsèquement mauvaise et l’on ne pourrait adopter à son égard qu’une attitude résolument hostile. Tout le monde est, ne peut être que, contre la censure, même si tout le monde la pratique, à sa petite ou à sa grande échelle. De même que la pornographie est, selon le mot de Robbe-Grillet, l’érotisme des autres, la censure est la violence symbolique des autres ; ce n’est jamais vous qui censurez, ce sont les autres qui vous censurent. Dans des sociétés où la liberté, notamment d’expression, est érigée au rang de valeur suprême, tout ce qui menace de lui porter atteinte est considérée comme une menace intolérable. Nos sociétés sont hantées par le rêve ou le fantasme d’une parole totalement libérée et le mot de censure est dégainé au premier soupçon de contrainte ou de contrôle. En fait, dire de quelqu’un qu’il est un « censeur » ou d’une institution qu’elle est censoriale (dans une version psychanalytique de la polémique, on remplacera « censoriale » par « castratrice ») est un argument polémique très commode : cela permet de diaboliser le contradicteur et de se poser soi-même en héros ou en martyr de la liberté d’expression. Qui voudrait s’en priver ? Et qui voudrait prendre le risquer d’aller là contre, ou de tempérer ou de nuancer, voire de trouver des mérites, des avantages, des effets positifs (fussent-ils « pervers ») à cette censure, sans aller jusqu’à prôner, comme Francis Bacon maniant le paradoxe provocateur, « l’enfermement de la liberté en prison pour que celle-ci puisse s’exercer » ? Comment justifier la position épistémologique qui consiste à se tenir en retrait ou à l’écart d’une situation conflictuelle que l’on observe, quand cette situation semble opposer un dominant qui censure et un dominé qui est censuré ? C’est pourtant à partir de cette position que l’on a le plus de chance d’introduire un peu de complexité intéressante dans des schémas trop souvent binaires. Parfois, la censure favorise malgré elle(s) la création ; parfois, le censuré se prête à la censure, la recherche même ; parfois, la censure peut être utile à la société, y compris lorsqu’on envisage celle-ci selon les principes les plus libéraux. « Aussi serait-il trompeur de décrire simplement la censure comme un affrontement entre création et oppression »[5].

Face à cette prolifération des acceptions négatives, à cette polysémie péjorative, devant ce que l’on pourrait considérer comme un usage abusif du terme ou comme une confusion des réalités qu’il désigne, celui qui veut y voir un peu clair a le choix entre deux attitudes (sans doute davantage que deux, mais nous simplifions). Il peut affirmer, un peu péremptoirement, que ce que les « acteurs » ou les « indigènes » appellent censure la plupart du temps n’en est pas, la censure étant ceci et non cela, et il s’autorise à faire le tri entre la vraie censure et la fausse selon des critères qu’il définit a priori et une fois pour toutes. Il y aurait une censure intemporelle, un invariant a-historique à l’aune duquel on pourrait décréter que ce que les « gens » désignent ou dénoncent comme étant de la censure est en réalité tout autre chose. La difficulté sera de s’entendre sur ce noyau dur de la censure, la définition de la censure variant d’un auteur à un autre, d’une discipline à une autre. Par ailleurs, le caractère essentiellement mouvant, changeant, historique du phénomène censorial interdit d’essentialiser et d’éterniser les termes qui le désignent, de la même façon que la liberté d’expression est une notion qui recouvre des réalités très variables dans le temps et l’espace. Cette historicité et cette relativité sont encore une difficulté mais elles sont bien plus que cela : elles constituent l’objet même de la recherche, l’existence et le choix des archives préorientant, comme l’écrit Olivier Forcade, l’histoire des formes censoriales[6]. D’où le second choix, qui consiste à ne pas choisir a priori entre les diverses acceptions du mot, y compris lorsqu’il est employé dans un sens polémique, à prendre en compte l’ensemble des représentations charriées par ce mot et à considérer que ce que les acteurs dénoncent comme étant de la censure pourrait bien, effectivement, en être, s’ils le jugent tel.

Nous sommes donc conduits à une certaine forme de relativisme culturel et à une histoire compréhensive et comparative de la censure, de ses représentations, de ses pratiques, de ses acteurs, des objets qu’elle vise, des motifs de son intervention, des effets qu’elle produit. Ce n’est pas là, à notre sens, aller dans le sens d’une quelconque « théorie faible » de la censure. Nous plaidons pour une approche à la fois très extensive et très discriminante de cette notion. Il peut bien y avoir censure dès lors qu’un sujet ressent une contrainte sur sa liberté d’expression ou sur l’accès à l’expression d’autrui ; cela ne veut pas dire que toutes les formes de censure s’équivalent et qu’il faille les confondre. Au contraire, plus le champ paraît large et les emplois nombreux, plus il paraît important de les distinguer pour éviter que la confusion, parfois volontaire, qui règne entre les divers usages et mésusages polémiques de la notion ne gagne l’analyse qu’un observateur extérieur peut en faire. Des termes voisins comme ceux de contrôle, de régulation, de discipline, de surveillance, de contrainte, de répression seront utiles sans que l’on puisse préjuger de ce que la censure est ou de ce qu’elle n’est pas, en réalité.

[1]                Voir Catteeuw L., Censures et raisons d’Etat, une histoire de la modernité politique (XVIe-XVIIe siècles), Albin Michel, 2013 ; Darnton R., Édition et sédition. L’univers de la littérature clandestine au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, 1991. Chez le même éditeur, l’universitaire américain vient de faire paraître un essai d’histoire comparée sur trois moments et lieux où la censure s’est exercée, savoir la France du XVIIIe siècle, l’Inde coloniale, la R.D.A. : De la censure. Essai d’histoire comparée, Paris, Gallimard, 2014.

[2]    Müller B. (ed.), Censorship and Cultural Regulation in the Modern Age, Amsterdam / New York, Rodopi, 2004.

[3]    Voir notamment Durand P. (dir.), La Censure invisible, Arles, Actes Sud, 2006.

[4]    Dury M., « Du droit à la métaphore : sur l’intérêt de la définition juridique de la censure », dans P. Ory (dir.), La Censure en France à l’ère démocratique, Paris/Bruxelles, Complexe, 1997, p. 13-26.

[5]           Darnton R., De la censure, op. cit., p. 196. D’accord avec cet auteur quand il insiste sur la dimension herméneutique de la censure, qui implique un rapport de négociation entre censeur et censuré, nous cessons de l’être quand il réduit la censure à la seule définition politique du rapport à l’État – en même temps que nous appelons à l’élargissement de l’enquête à d’autres formes d’expression que la littérature, à une comparaison qui ne soit pas seulement entre des espaces et des époques mais aussi entre des formes et des domaines.

[6]    Forcade O., « Faire l’histoire de la censure politique », dans Laurent S. (dir.), Archives secrètes, secrets d’archives ? Historiens et archivistes face aux archives sensibles, Paris, CNRS éditions, 2003, p. 201-209.

Enfin, je vous signale l’article paru aujourd’hui dans les Inrocks sur la censure d’internet en Chine. Vous le trouverez à cette adresse :

http://www.lesinrocks.com/2017/09/29/actualite/quoi-ressemble-internet-en-chine-11991499/

Voilà!

LM

 

De l’université d’été au congrès de l’ADHC

Bonjour,

quelques nouvelles de l’université d’été des sciences sociales qui s’est achevée vendredi dernier après une semaine de rencontres toutes plus passionnantes les unes que les autres.

Portrait de groupe par Jinah Kim :

Nous avons vécu ensemble une belle semaine de rencontres, de discussions, de partage, une semaine riche en émotions intellectuelles, esthétiques et tout simplement humaines .Cette université d’été restera comme une expérience forte dans ma mémoire.

Je poste ici quelques photos, du premier jour et du dernier jour :

On peut évidemment regretter quelques couacs dans l’organisation et, surtout, une communication défaillante qui n’a pas permis à un large public d’assister à nos débats. J’assume ces erreurs, même si elles s’expliquent en bonne partie par la précipitation avec laquelle nous avons dû bâtir ce programme.

Nous ne pouvons pas en rester là. Des gens se sont rencontrés ou retrouvés, des contacts ont été pris et d’autres aventures naîtront de celle-ci.

Pour ce qui concerne spécifiquement cette université d’été, elle trouvera un premier prolongement dans la journée qu’organisera Kaoutar Harchi en décembre prochain  sur les conditions sociales de participation des écrivains étrangers de langue française à la vie littéraire en France. Les actes en seront publiés. J’ai également l’intention de m’atteler à la publication des actes de cette université d’été, pour faire perdurer, sous une autre forme, ces rencontres. Affaire à suivre, donc.

 

En parlant de rencontre, je vous annonce la tenue prochaine du congrès annuel de l’Association pour le développement de l’histoire culturelle (ADHC). Ce congrès aura lieu samedi prochain, 30 septembre, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Centre Malher- Amphithéâtre Dupuis, 9, rue Malher, 75004 PARIS, Métro Saint-Paul

Matinée 9h-12h

  • 9 heures Accueil des participants
  • 9 heures 15 Assemblée générale présidée par Pascal Ory -Rapport moral et financier
  • 9 heures 45 Actualités de l’histoire culturelle
  • 10 heures 30 -12 heures Conférence d’Alain Schnapp (professeur d’archéologie grecque à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) « Une histoire universelle des ruines ». Discussion 

Déjeuner (s’inscrire auprès de evelyne.cohen@wanadoo.fr)

Après-midi 14h-17 h « Histoire et littérature :  une relation à double sens »

Table ronde animée par Christophe Charle (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), avec José-Luis Diaz (Université Paris Diderot), Ivan Jablonka (Université Paris 13), Judith Lyon Caen (EHESS), Eric Vuillard (écrivain et cinéaste)

« Que fait l’histoire à la littérature, que fait la littérature à l’histoire ; jusqu’où peut aller l’échange et le compagnonnage, quels sont ses risques et ses apports ? pourquoi tant de préventions de part et d’autre ? Pourquoi aussi tant de tentations soit du côté des écrivains, soit du côté des historiens ? » (C. Charle)

Contact et informations

Evelyne Cohen, secrétaire de l’ADHC evelyne.cohen@wanadoo.fr

Vous êtes tous et toutes cordialement invité-e-s à participer à cette journée!

LM

La revue HEY! a besoin de vous!

Bonjour,

je reçois, d’une amie que j’admire, ce message à propos d’une revue qui s’appelle HEY! et qui est probablement l’une des meilleures revues d’art internationales. La revue est en difficulté financière, elle a besoin d’un coup de pouce de tous ceux qui, comme moi, pensent que nous avons besoin de sa vision de l’art, ouverte sur le monde, anticonformiste, résolument moderne et pop.

Je vous le livre tel quel. J’ai répondu à son appel et j’espère que nous serons nombreux à le faire.

Ce mail pour te tenir au courant de notre situation. Comme tu (vous) le savez, nous avons créée il y a déjà 7 ans une revue unique en son genre (HEY! modern art & pop culture) dédiée aux arts outsider et figuratifs pop contemporain issu de l’intelligence populaire et des codes de la contre-culture mondiale. Depuis 7 ans, elle ouvre  des portes en pointant des familles artistiques ignorées ou sous représentées en Europe. Cette démarche aide les artistes à rencontrer le grand public, et à franchir les portes des musées et galeries d’art.
AUJOURD’HUI, LA REVUE EST EN DANGER. Nous lançons un « FINANCEMENT PARTICIPATIF » afin de pouvoir continuer à la publier. Pour une connexion efficace entre artiste et public(s), NOUS DEVONS MAINTENIR UNE ACTION INDISPENSABLE à l’ensemble des courants mondiaux et artistes internationaux dont les réalisations ne passent pas les barrières institutionnelles et médiatiques. APRÈS 7 ANNÉES D’EXISTENCE ET 31 N° en librairie, DEVENIR 100% INDÉPENDANTS EST NOTRE SEULE SOLUTION POUR CONTINUER NOTRE MISSION ET NE PAS DISPARAÎTRE.
 
SOUTENEZ la PREMIÈRE action de HEY! en tant qu’éditeur indépendant :

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Pour créer une alternative à la vision d’une culture unilatérale.
Pour contribuer à dévoiler un pan entier de l’art contemporain ignoré par les critiques et le grand marché.
ANNE de HEY!
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L’université d’été des sciences sociales sur la diversité ethno-culturelle commence demain!

Bonjour,

enfin, nous y sommes! La deuxième édition de l’université d’été des sciences sociales d’Université Sorbonne Paris Cité ouvre ses portes demain. Sept mois d’efforts vont trouver leur aboutissement et j’espère qu’il sera à la mesure de notre investissement, tant individuel que collectif.

Nous allons donc, pendant une semaine, interroger ces notions compliquées mais cruciales de la diversité ethno-culturelle et du multiculturalisme dans les arts et les médias.

Avec les collègues qui m’ont aidé à préparer cet ensemble de rencontres (colloques, tables rondes, événements artistiques), nous avons essayé de construire une proposition cohérente et pertinente, où les thèmes des matinées dialoguent avec ceux de l’après-midi, où les spectacles seront plus qu’un moment de détente bienvenu après des journées de débats très denses, une véritable illustration des idées parfois un peu abstraites qui se seront échangées durant la journée.

Le maître mot de tout cela c’est bien l’échange, le dialogue, l’inter. Interculturel, international, interdisciplinaire, intergénérationnel, cette semaine est placée sous le signe du trait d’union et je voudrais m’en expliquer brièvement ici, expliquer aussi pourquoi j’ai choisi d’utiliser ces notions douteuses, suspectes même aux yeux de certains, de « diversité ethno-culturelle » et de « multiculturalisme » pour intituler la semaine, là où l’on aurait pu attendre les terme plus neutres, plus courants en tout cas, de « diversité culturelle » et de « société multiculturelle ».

Par diversité culturelle, on a coutume d’entendre, du moins quand on pratique le langage du ministère de la culture depuis de nombreuses années, la diversité des produits, des pratiques, des formes, des vecteurs de la culture ; rarement celle des populations, que ce soit celle des publics ou celle des personnels de la culture, amateurs ou professionnels, ou alors uniquement sous l’angle social. Pour de bonnes et de mauvaises raisons, les pouvoirs publics mais aussi nous tous, la société française et au-delà sans doute, nous nous sommes accommodé d’une situation où sur les scènes, les écrans, les ondes, les plateaux mais aussi dans les salles, toute une partie de la population n’était pas présente ou insuffisamment présente. Ce n’est pas juste sur le plan moral, ce n’est pas sain sur le plan politique, et c’est aussi un facteur d’appauvrissement de notre créativité et de nos imaginaires. C’est pourquoi il importe de réfléchir aux moyens de changer cet état de fait et d’abord entre travailleurs de l’esprit, si j’ose utiliser cette expression quelque peu surannée, artistes, responsables de structures culturelles, universitaires, car l’esprit, c’est ma conviction profonde, est moteur du changement, les représentations gouvernent les conduites.

Peut-être l’idéal d’une société non seulement multiculturelle mais encore multiculturaliste pourrait y aider, si l’on entend par ce terme un projet politique de reconnaissance d’individus et de collectivités historiques dans l’espace public, permettant de prendre réellement en compte le pluralisme culturel ainsi que les rapports entre groupes majoritaires et minoritaires selon une perspective d’égalité et de justice sociale. Sans doute les choses commencent-elles à changer, et beaucoup d’intervenants en témoigneront, il y a beaucoup d’initiatives et d’expériences formidables qui existent partout. Mais on en entend peu parler, le soutien tarde à venir ou manque totalement, tout avance mais trop lentement et si je pouvais exprimer un souhait,  ce serait que cette rencontre, cette semaine, cette université d’été des sciences sociales soit un accélérateur de ce changement.

Je poste ici la version actualisée du programme telle qu’elle se présente à la veille de l’ouverture.

 

Université d’été soutenue par le pôle des sciences sociales USPC

18-22 septembre 2017

Le modèle français de politique culturelle en question : quelle place faire à la diversité ethno-culturelle et au multiculturalisme dans les arts et les médias ?

Comité scientifique présidé par Laurent Martin (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3) : Claire Blandin (univ. Paris 13), Philippe Coulangeon (CNRS/Sciences Po), Laurent Fleury (univ. Paris-Diderot Paris 7), Gérôme Guibert (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3), Christine Manigand (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3), Bruno Péquignot (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3), Alain Pierrot (univ. Paris-Descartes Paris 5).

Comité d’organisation : Kaoutar Harchi, Catherine Kirchner, Yann Lévêque, Laurent Martin, Camille Mérité, Malcolm Théoleyre, Nicaise Wegang.

Programme

Lundi 18 septembre univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3 Amphithéâtre B

  • 9h15 Accueil et allocutions de bienvenue

(Carle Bonnafous-Murat, président de l’université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, Kathy Rousselet, préfiguratrice du pôle sciences sociales USPC, Laurent Creton, vice-président Commission de la recherche et président du Conseil académique de Paris 3)

  • 9h45 présentation de l’université d’été 2017 par Laurent Martin (professeur à l’université de Paris 3)
  • 10h Ouverture : conférence de Chérif Khaznadar (fondateur de la Maison des cultures du monde)

Matin : Des controverses intellectuelles et politiques sur la diversité culturelle et le multiculturalisme (colloque animé par Laurent Martin : comment poser et penser les grandes catégories intellectuelles qui structurent le débat sur la diversité culturelle et le multiculturalisme ? Quels liens entretiennent-elles avec le champ des arts et des médias et avec les politiques culturelles ?)

  • 10h30 Pascal Blanchard (ACHAC)
  • 10h50 Angéline Escafré-Dublet (Lyon 2)
  • 11h10 pause
  • 11h30 Vincent Martigny (Ecole polytechnique / Sciences Po)
  • 11h50 James Cohen (univ. Paris 3)
  • 12h10 interventions du public
  • 12h30 fin de la matinée

12h30-14h : buffet (réservé aux intervenants)

Après-midi La question des représentations (table-ronde animée par Claire Blandin : comment montrer la diversité culturelle ? Que montre-t-on, que cache-t-on ? Les minorités dites visibles sont-elles invisibles dans les arts et les médias ? )

  • Catherine Kirchner (doctorante université Paris 3)
  • Sylvie Chalaye (professeure de théâtre à l’université de Paris 3)
  • Marc Cheb Sun (directeur de la revue D’ailleurs et d’ici)
  • Mémona Hintermann (CSA, présidente du groupe de travail Diversité)
  • Erwan Ruty (rédacteur en chef du Journal officiel des banlieues)
  • Chantal Loial (danseuse, compagnie Difé kako)

16h30-17h : pause

17h-19h : concert Lakhdar Hanou (oud oriental) / Jiang Nan (cithare chinoise)

19h-20h30 : cocktail (réservé aux intervenants)

Mardi 19 septembre université Paris-Diderot (Paris 13e arrondissement) amphithéâtre Buffon

Matin : La mesure du problème (colloque animé par Philippe Coulangeon : quels indicateurs pour la diversité culturelle dans les arts et médias ? Pourquoi la question des statistiques ethniques est-elle un tabou en France ? Faut-il des quotas et de la discrimination positive dans les arts et les médias ?)

  • Olivier Martin (professeur à l’université Paris 5 Paris-Descartes)
  • Olivier Thévenin (professeur à l’université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle)
  • Loup Wolff (chef du DEPS, ministère de la Culture)
  • Patrick Simon (directeur de recherche à l’INED)
  • Jacek Rajewski (réseau Atana/Binoq, Fondation néerlandaise pour la diversité)

12h30-14h : buffet (réservé aux intervenants)

Après-midi : La question des professionnels et de la formation (table ronde animée par Laurent Fleury : les artistes et responsables culturels issus des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques se heurtent-ils à une discrimination à l’embauche dans les arts et les médias ? Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ? L’enseignement supérieur spécialisé est-il une solution ? Les apprentis artistes qui bénéficient de tels dispositifs sont-ils retenus en raison de leurs qualités artistiques ou de leur qualité de représentants de minorités défavorisées que l’on veut favoriser ? Qu’est-ce qu’un artiste « non-blanc » pour reprendre l’expression employée par un certain nombre de voix militantes ?)

  • Duniému Bourobou (directrice des études de l’Ecole d’art dramatique de Saint-Etienne)
  • Jalil Leclair (Collectif Décoloniser les arts)
  • Said Berkane (délégué général adjoint à la Fondation Culture et Diversité)
  • Holta Hoxha-Carron (directrice générale de l’association « 1000 visages »)
  • Jacek Rajewski (réseau Atana/Binoq, Fondation néerlandaise pour la diversité)
  • Serge Saada (professeur associé à Paris 3, chargé de mission à l’association Cultures du cœur)
  • Catherine Jean-Joseph Sentuc (cofondatrice de l’Ecole Miroir)
  • Pascale Colisson (Chargée de mission Diversité et égalité des chances, chercheure associée à la chaire Management, Diversités et Cohésion sociale de l’Université Paris-Dauphine, membre de l’Observatoire de la Diversité du CSA)

16h30-17h : pause

17h-19h : Projection du film Ouvrir la voix d’Amandine Gay, présentation par Rachel Kahn

Mercredi 20 septembre université Paris 13 (Villetaneuse) amphithéâtre 4 UFR de Droit

Matin : Diversité culturelle et diversité linguistique (colloque animé par Kaoutar Harchi : comment diversités culturelle et linguistique s’entrecroisent-elles ? Quelle place faire en France aux langues minoritaires ? La dénonciation du « français colonial » n’occulte-t-elle pas la part essentielle de l’acquisition du français dans l’intégration des immigrés ? Prend-en suffisamment en compte le français de la francophonie ? Qu’est-ce que serait une véritable politique de la traduction ?)

  • Marcel Courthiade (maître de conférence à l’INALCO)
  • Penda Diouf (auteure, directrice de la médiathèque Ulysse, au Franc-Moisin, et cofondatrice de « Jeunes textes en liberté)
  • Valérie Baran (directrice du Tarmac)
  • Michael Spanu (sociologue doctorant à l’université de Lorraine)
  • Gaid Evenou (délégation générale à la langue française et aux langues de France)

12h30-14h : buffet (réservé aux intervenants)

Après-midi : La question de la programmation et de la diffusion (tables rondes animées par Claire Blandin et Gérôme Guibert : quelle place est faite aux arts et cultures du monde par les institutions artistiques, médiatiques, culturelles ? Comment le multiculturel ou l’interculturel traverse-t-il les pratiques de création et de diffusion développées par les artistes et les institutions artistiques et culturelles ? Quelles parts respectives faire aux cultures traditionnelles et aux formes plus novatrices ?)

  • Marie Descourtieux (directrice des Affaires culturelles de l’Institut du Monde arabe)
  • Bérénice Saliou (Directrice artistique, culturelle et scientifique de l’Institut des cultures d’Islam)
  • Marie Sonnette (maîtresse de conférence à l’université d’Angers)
  • Salah Amokrane (TactiKollectif)
  • Seb Seb (artiste)
  • Raffaella Russo-Ricci (responsable adjointe du service éducatif du Musée d’art et d’histoire du judaïsme)
  • Stéphane Malfettes (chef du service de coordination et de la programmation culturelle du Musée de l’Immigration)

16h30-17h pause

17h-19h : Sebseb (poésie slam)

Jeudi 21 septembre Paris 3 Amphithéâtre Durkheim

Matin : Espaces : du quartier à l’Europe (colloque animé par Christine Manigand : du quartier à l’Europe et au monde, quels espaces, quelles échelles pour penser la diversité culturelle ? Quelles interactions entre les institutions culturelles et leur environnement urbain ? Les banlieues sont-elles le creuset où se forge l’avenir de la culture française ? Quel peut être le rôle des politiques publiques des villes, des États ou de l’Union européenne pour promouvoir la diversité culturelle ?)

  • Françoise Taliano-des-Garets (professeure à l’IEP Bordeaux)
  • Anne-Marie Autissier (maîtresse de conférence à l’université de Paris 8)
  • Karine Gloanec-Maurin (haute fonctionnaire en charge de la diversité au ministère de la Culture et de la communication)
  • Jean-Philippe Ruiz et Anita Helpiquet (festival de la diversité au Luxembourg / Centre de liaison des associations d’étrangers CLAE)
  • Philippe Mourrat (directeur de la Maison des Métallos)

12h30-14h : déjeuner (réservé aux intervenants)

Après-midi : Culture et migrants : la question des publics, des pratiques et de la participation (table ronde animée par Bruno Péquignot : quelle place faire aux pratiques culturelles et artistiques des populations, notamment issues de l’immigration ? Comment mieux associer les habitants au travail des institutions culturelles ? Comment toucher les publics qui demeurent en marge de l’institution culturelle ? La participation peut-elle aller jusqu’à la co-création de propositions artistiques ?)

  • Yann Lévêque (étudiant univ. Paris 3)
  • Nicaise Wegang (doctorante univ. Paris 3)
  • Christophe Blandin-Estournet (directeur du théâtre de l’Agora à Evry)
  • Elsa Lauga-Mouledous (La Cimade / festival Migrant’scène)
  • Judith Depaule (directrice de l’Atelier des artistes en exil)

16h30-17h : pause

17-19h : Lectures/écritures

Kaoutar Harchi Je n’ai qu’une langue, et ce n’est pas la mienne (Pauvert/Fayard 2016)

Anna Moï le Venin du papillon (Gallimard 2017)

Nathacha Appanah Tropique de la violence (Gallimard 2016)

Kaouther Adimi Nos richesses (Seuil, 2017)

Sabine Wespieser (éditrice)

Vendredi 22 septembre Paris 3 Amphithéâtre D 03

Matin : Temps : Histoire, mémoire et patrimoine (colloque animé par Laurent Martin : comment les institutions muséales et patrimoniales traitent-elles la question de la diversité culturelle ? Comment penser et montrer l’articulation de l’histoire et de la mémoire de l’immigration ? Sont-elles nécessairement conflictuelles ? Pourquoi n’existe-t-il pas en France de musée de la colonisation ?)

  • Octave Debary (anthropologue, univ. Paris 5)
  • Evelyne Ribert (sociologue, CNRS/EHESS)
  • Hélène Hatzfeld (politologue, Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement-UMR CNRS 7218)
  • Luc Gruson (chargé de mission sur la culture et les arts au service de l’accueil des migrants, ministère de la Culture)

12h30-14h : buffet (réservé aux intervenants)

Après-midi : La question de la transmission (table ronde animée par Alain Pierrot : quel rôle peuvent jouer les institutions éducatives dans la valorisation des différences et dans la transmission de la mémoire des diverses communautés qui composent la France ? Quels programmes peuvent-ils être mis en place pour faciliter l’interculturalité ? Quelle place faire à la diversité culturelle dans la construction d’une culture commune ?)

  • Marjorie Nakache et Kamel Ouarti (Studio théâtre de Stains)
  • Gilles Delebarre (chargé du programme DEMOS à la Philharmonie de Paris)
  • Ana Azor Lacasta (Migrar es cultura au musée de l’Amérique à Madrid)
  • Olivier Cogne (directeur du Musée dauphinois)
  • José Alcantud (professeur d’anthropologie sociale à l’université de Grenade)
  • Amar Nafa (Association Génériques)

16h30-17h : pause

17h-19h : Présentation de la Compagnie Tamérantong par Christine Pellicane et son équipe : 25 ans de travail artistique, culturel, social et politique dans les quartiers

19h-20h30 Cocktail (réservé aux intervenants)

 

La procédure d’inscription pour assister à la manifestation est close mais si vous souhaitez venir sans inscription, c’est possible.

Je poste ici de nouveau le programme avec les plans d’accès :

Programmes + plans

En espérant vous voir nombreux demain et toute la semaine!

LM

 

Université d’été des sciences sociales USPC J-8

Bonjour,

l’université d’été des sciences sociales d’Université Sorbonne Paris Cité sur la diversité ethnoculturelle et le multiculturalisme dans les arts et les médias démarre dans une semaine. Impatience et légère anxiété quand même, car c’est un gros paquebot que nous mettons à la mer et il reste beaucoup à faire.

Le programme a connu quelques retouches. Le voici dans sa version la plus récente, avec les plans d’accès aux salles.

USPC_Programme 2017 WEB

Programmes + plans

Par ailleurs, comme je l’avais annoncé, je publie ici des informations qui m’ont été envoyées par les intervenants.

Par Chantale Loial, de la Compagnie Difé Kako :

Le Grand Bal : Retours presse sur l’évènement du 13 juillet au Grand Palais (avec vidéos) :
Articles Le Monde, France 1ère, et Danser Canal Historique : http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/Revue-de-presse-Le-Grand-bal.pdf

Liens vers deux documentaires sur la chorégraphe Chantal Loïal :
– « Chantal Loïal et la créolisation« , documentaire de la Cinémathèque de la danse, version 2015 : (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/224114902
« Sur les pas d’une chorégraphe, Chantal Loïal », documentaire de France 3 espace francophone :  (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/224375491

Cercle égal demi cercle au carré (création 2018 en projet) :
– Dossier de présentation : http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/Dossier-Cercle-%C3%A9gal-demi-Cercle-p%C3%A9daDEF-web-1.pdf
– Lien vers le teaser du projet (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/216960557

Po Chapé (création 2017) :
– Bilan :
Po chapé Martinique http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/BILAN-Cie-Dif%C3%A9-Kako2016-2017-.pdf
Po chapé Guadeloupe http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/2017-Bilan-Guadeloupe-Po-Chap%C3%A9.pdf
– Revue de presse : http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/revue_presse_PO-CHAPE_2017.pdf
– Teaser vidéo 2017 : https://www.youtube.com/watch?v=CrjK5j8HWcw
– Captation complète (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/215977936

Noir de boue et d’obus :
– Bilan : http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/Bilan-NBO-web.pdf
– Revue de presse : http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/revue_presse_medias_NBO_2017.pdf
– Teaser vidéo du spectacle (version 2017) : https://www.youtube.com/watch?v=WQ7VPYCPDds&t=90s
– Documentaire sur les activités de Noir de boue et d’obus en 2017 (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/220157585
– Captation complète (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/223516725

On t’appelle Vénus :
– Revue de presse : http://www.difekako.fr/wp-content/uploads/RDP-On-tappelle-Venus-2017-web.pdf
– Teaser vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=SEZgYOQNU_c
– Captation complète (mot de passe : difekako) : https://vimeo.com/222503845

Bal Konsèr :
Le Bal Konsèr à Lyon : https://vimeo.com/14156820

Les Dates à venir !
On t’appelle Vénus :
16 & 17 sept. 2017 à 15h : Musée de l’homme de Paris – dans le cadre des Journées du Patrimoine / Intervenants scientifiques : Sylvie Chalaye (16/09) et Alain Froment (17/09)

Po Chapé :
– 20 oct. 2017 à 20h30 : Festival Jazz’Orne Danse, Alençon
– 28 oct. 2017 à 19h30 : Anis Gras, Arcueil – dans le cadre du mois créole
– 29 oct. 2017 à 17h30 : Maison des Arts de Créteil – dans le cadre du mois créole
– 7 nov. 2017 10h & 14H30 (2 scolaires) : Anis gras, Arcueil

Danse participative « corps kréyol, corps dansants » :
16 sept. 2017 : Argenteuil – dans le cadre de la fête de quartier Orgemont
1er oct. 2017 : Place du Châtelet à 15h – dans le cadre de la journée sans voiture avec europe écologie de verts.

Le festival « Le mois kréyol » : langues et cultures créoles
1er oct. > 7 nov. 2017 – Arcueil, Créteil et Paris.
Difé Kako mène la danse à l’occasion du Mois kréyol !
Au programme : Ateliers danse, chant, cuisine et écriture – tables-rondes & conférence – projections – démonstration musique et danse – lecture musicale de conte – spectacle «Po Chapé», dégustation de mets antillais et plein d’autres activités !

Je replace ici le formulaire d’inscription à l’université d’été :

http://shiva.univ-paris5.fr/index.php?sid=59466&lang=fr

A bientôt!

LM

Diversité ethno-culturelle et multiculturalisme dans les arts et les médias

Bonjour,

Cartables et cahiers s’empilent dans les supermarchés, les feuilles roussissent sur les arbres, les ténors de la vie politique et médiatique retrouvent de la voix, les mails s’entassent dans la messagerie : pas de doute, c’est la rentrée! Je sais pas vous mais, moi, j’ai une pêche d’enfer!

J’espère que vous avez passé un bel été – qui, du reste, n’est pas fini! La meilleure preuve en est que l’université d’été des sciences sociales d’Université Sorbonne Paris Cité – le regroupement d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans lequel figure mon université, Paris 3- est encore à venir, dans un peu plus de trois semaines. J’ai l’honneur et la lourde tâche de l’organiser, assisté de quelques collègues, étudiants et amis qui me donnent un sacré coup de main.

La deuxième édition de cette manifestation aura lieu du 18 au 22 septembre 2017 dans trois établissements (les universités de Paris 3, 7 et 13) sur le thème de la diversité ethno-culturelle et du multiculturalisme dans les arts et les médias.

La reconnaissance symbolique par les pouvoirs publics et les institutions culturelles de formes et de pratiques naguère qualifiées de sous-, infra- ou non-culturelles (rock, bande dessinée, mode, street art, etc.) quoique toujours contestée, est en bonne voie. Ce qui l’est moins, en revanche, est la reconnaissance de la diversité ethno-culturelle de la population française et la promotion de ses minorités par le biais de la culture.

Héritant d’un lourd passé colonial mais aussi d’une conception de la république comme régime centré sur les droits et devoirs du citoyen indépendamment de ses caractéristiques particulières ou de ses appartenances communautaires, la France de la deuxième moitié du XXe siècle a promu « l’intégration culturelle sans la reconnaissance des cultures spécifiques, et la mise en place de politiques de la diversité sans la reconnaissance des groupes. »  (Angéline Escafré-Dublet 2014). De là découle une insuffisante prise en compte de la diversité ethno-culturelle par les politiques publiques de la culture et ce à deux niveaux au moins : celui des publics et celui des professionnels. L’absence de données chiffrées sur la fréquentation ou la non-fréquentation des institutions culturelles par des personnes issues de l’immigration plus ou moins récente ou appartenant à telle ou telle ethnie ou culture, ou aux « minorités visibles » ou racialisées, si elle peut s’expliquer et même se justifier, rend en tout cas objectivement plus difficile la mise en place de politiques qui cibleraient ces populations. De la même façon, le refus de procéder à des « statistiques ethniques » invisibilise les phénomènes de discrimination à l’embauche parmi les professionnels de la culture, ce que dénoncent plusieurs collectifs et associations.

Les initiatives se multiplient qui choisissent le champ de la formation et de l’enseignement supérieur spécialisé pour promouvoir la diversité culturelle non plus dans les paroles mais dans les actes. Ces actions soulèvent des questions redoutables, parmi lesquelles celles-ci : les artistes qui bénéficient de tels dispositifs sont-ils retenus en raison de leurs qualités artistiques ou de leur qualité de représentants de minorités défavorisées que l’on veut favoriser ? Qu’est-ce qu’un artiste « non-blanc » pour reprendre l’expression employée par un certain nombre de voix militantes ? Des actions sont aussi engagées du côté des collectivités territoriales, pour associer les représentants des populations marginalisées à la programmation des événements culturels, ce qui pose là aussi un certain nombre de questions : comment choisir les bons interlocuteurs, quel est leur degré de représentativité, quelles parts respectives faire aux cultures traditionnelles et aux formes plus novatrices ?

Ce sont toutes ces questions – et bien d’autres – qui seront traitées lors de cette rencontre d’une semaine. Ce type de problématique engage en effet des recherches dans la plupart des sciences humaines et sociales présentes dans les divers pôles. Science politique, histoire, sociologie, anthropologie, droit, économie sont quelques-unes des disciplines placées dans l’obligation de prendre en compte la réalité multiculturelle de nos sociétés. La responsabilité sociale des arts et les politiques de la culture, à travers les notions d’identité nationale ou communautaire, de représentation des minorités, de démocratie culturelle, de droits culturels, font l’objet d’un nombre croissant de recherches et de débats qui portent bien au-delà de la communauté universitaire. Objet transdisciplinaire, la question de la diversité culturelle est aussi transnationale et divers intervenants étrangers viendront témoigner de leur expérience en la matière.

À l’heure où, en France comme dans beaucoup de pays, la tendance semble être au repli nationaliste et aux crispations identitaires, où le « multiculturalisme » est – pour de bonnes et de mauvaises raisons – décrié, il semble utile, et même nécessaire, de faire entendre une voix différente, celle de l’ouverture, de la tolérance, de l’accueil, de l’intégration dans le respect – non inconditionnel – voire la promotion des différences. La diversité culturelle, si elle soulève un certain nombre de questions et de problèmes, est avant tout une richesse qu’il importe de valoriser.

Et voici le programme ! Il pourra encore bouger jusqu’à la dernière minute mais on peut espérer qu’il sera tenu dans les grandes lignes.

Lundi 18 septembre univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3 Amphithéâtre A

  • 9h15 Accueil et allocutions de bienvenue

(François Houllier, président d’USPC, Carle Bonnafous-Murat, président de l’université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, Kathy Rousselet, préfiguratrice du pôle sciences sociales USPC, Laurent Creton, vice-président Commission de la recherche et président du Conseil académique de Paris 3)

  • 9h45 présentation de l’université d’été 2017 par Laurent Martin (professeur à l’université de Paris 3)
  • 10h Ouverture : conférence de Chérif Khaznadar (fondateur de la Maison des cultures du monde)

Matin : Des controverses intellectuelles et politiques sur la diversité culturelle et le multiculturalisme (colloque animé par Laurent Martin : comment poser et penser les grandes catégories intellectuelles qui structurent le débat sur la diversité culturelle et le multiculturalisme ? Quels liens entretiennent-elles avec le champ des arts et des médias et avec les politiques culturelles ?)

  • Pascal Blanchard (ACHAC)
  • Angéline Escafré-Dublet (Lyon 2)
  • Vincent Martigny (Ecole polytechnique / Sciences Po)
  • James Cohen (univ. Paris 3)

12h30-14h : buffet

Après-midi La question des représentations (table-ronde animée par Claire Blandin : comment montrer la diversité culturelle ? Que montre-t-on, que cache-t-on ? Les minorités dites visibles sont-elles invisibles dans les arts et les médias ? )

  • Catherine Kirchner (doctorante université Paris 3)
  • Sylvie Chalaye (professeure de théâtre à l’université de Paris 3)
  • Marc Cheb Sun (directeur de la revue D’ailleurs et d’ici)
  • Mémona Hintermann (CSA, présidente du groupe de travail Diversité)
  • Erwan Ruty (rédacteur en chef du Journal officiel des banlieues)

16h30-17h : pause

17h-19h : concert Lakhdar Hanou (oud oriental) / Jiang Nan (cithare chinoise)

19h-20h30 : cocktail

Mardi 19 septembre université Paris-Diderot (Paris 13e arrondissement) amphithéâtre Buffon

Matin : La mesure du problème (colloque animé par Philippe Coulangeon : quels indicateurs pour la diversité culturelle dans les arts et médias ? Pourquoi la question des statistiques ethniques est-elle un tabou en France ? Faut-il des quotas et de la discrimination positive dans les arts et les médias ?)

  • Olivier Martin (professeur à l’université Paris 5 Paris-Descartes)
  • Olivier Thévenin (professeur à l’université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle)
  • Loup Wolff (chef du DEPS, ministère de la Culture)
  • Patrick Simon (directeur de recherche à l’INED)
  • Jacek Rajewski (réseau Atana/Binoq, Fondation néerlandaise pour la diversité)

12h30-14h : buffet

Après-midi : La question des professionnels et de la formation (table ronde animée par Laurent Fleury : les artistes et responsables culturels issus des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques se heurtent-ils à une discrimination à l’embauche dans les arts et les médias ? Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ? L’enseignement supérieur spécialisé est-il une solution ?)

  • Duniému Bourobou (directrice des études de l’Ecole d’art dramatique de Saint-Etienne)
  • Jalil Leclair (Collectif Décoloniser les arts)
  • Said Berkane (délégué général adjoint à la Fondation Culture et Diversité)
  • Holta Hoxha-Carron (directrice générale de l’association « 1000 visages »)
  • Jacek Rajewski (réseau Atana/Binoq, Fondation néerlandaise pour la diversité)
  • Serge Saada (professeur associé à Paris 3, chargé de mission à l’association Cultures du cœur)
  • Catherine Jean-Joseph Sentuc (cofondatrice de l’Ecole Miroir)

16h30-17h : pause

17h-19h : Projection du film Ouvrir la voix d’Amanda Gay, présentation par Rachel Kahn

Mercredi 20 septembre université Paris 13 (Villetaneuse) amphithéâtre 4 UFR de Droit

Matin : Diversité culturelle et diversité linguistique (colloque animé par Kaoutar Harchi : comment diversités culturelle et linguistique s’entrecroisent-elles ? Quelle place faire en France aux langues minoritaires ? La dénonciation du « français colonial » n’occulte-t-elle pas la part essentielle de l’acquisition du français dans l’intégration des immigrés ? Prend-en suffisamment en compte le français de la francophonie ? Qu’est-ce que serait une véritable politique de la traduction ?)

  • Marcel Courthiade (maître de conférence à l’INALCO)
  • Penda Diouf (auteure, directrice de la médiathèque Ulysse, au Franc-Moisin, et cofondatrice de « Jeunes textes en liberté)
  • Valérie Baran (directrice du Tarmac)
  • Michael Spanu (sociologue doctorant à l’université de Lorraine)
  • Gaid Evenou (délégation générale à la langue française et aux langues de France)

12h30-14h : buffet

Après-midi : La question de la programmation et de la diffusion (tables rondes animées par Claire Blandin et Gérôme Guibert : quelle place est faite aux arts et cultures du monde par les institutions artistiques, médiatiques, culturelles ? Comment le multiculturel ou l’interculturel traverse-t-il les pratiques de création et de diffusion développées par les artistes et les institutions artistiques et culturelles ? Quelles parts respectives faire aux cultures traditionnelles et aux formes plus novatrices ?)

  • Marie Descourtieux (directrice des Affaires culturelles de l’Institut du Monde arabe)
  • Bérénice Saliou (Directrice artistique, culturelle et scientifique de l’Institut des cultures d’Islam)
  • Marie Sonnette (maîtresse de conférence à l’université d’Angers)
  • Salah Amokrane (TactiKollectif)
  • Seb Seb (artiste)
  • Raffaella Russo-Ricci (responsable adjointe du service éducatif du Musée d’art et d’histoire du judaïsme)

16h30-17h pause

17h-19h : Sebseb (poésie slam)

Jeudi 21 septembre Paris 3 Amphithéâtre Durkheim

Matin : Espaces : du quartier à l’Europe (colloque animé par Christine Manigand : du quartier à l’Europe et au monde, quels espaces, quelles échelles pour penser la diversité culturelle ? Quelles interactions entre les institutions culturelles et leur environnement urbain ? Les banlieues sont-elles le creuset où se forge l’avenir de la culture française ? Quel peut être le rôle des politiques publiques des villes, des États ou de l’Union européenne pour promouvoir la diversité culturelle ?)

  • Françoise Taliano-des-Garets (professeure à l’IEP Bordeaux)
  • Anne-Marie Autissier (maîtresse de conférence à l’université de Paris 8)
  • Karine Gloanec-Maurin (haute fonctionnaire en charge de la diversité au ministère de la Culture et de la communication)
  • Jean-Philippe Ruiz et Anita Helpiquet (festival de la diversité au Luxembourg / Centre de liaison des associations d’étrangers CLAE)

12h30-14h : buffet

Après-midi : Culture et migrants : la question des publics, des pratiques et de la participation (table ronde animée par Bruno Péquignot : quelle place faire aux pratiques culturelles et artistiques des populations, notamment issues de l’immigration ? Comment mieux associer les habitants au travail des institutions culturelles ? Comment toucher les publics qui demeurent en marge de l’institution culturelle ? La participation peut-elle aller jusqu’à la co-création de propositions artistiques ?)

  • Yann Lévêque (étudiant univ. Paris 3)
  • Nicaise Wegang (doctorante univ. Paris 3)
  • Christophe Blandin-Estournet (directeur du théâtre de l’Agora à Evry)
  • Luc Gruson (chargé de mission sur la culture et les arts au service de l’accueil des migrants)
  • Ksenija Konopeck (Borderland Centre Pologne)
  • Elsa Lauga-Mouledous (La Cimade / festival Migrant’scène)

16h30-17h : pause

17-19h : Lectures/écritures

Kaoutar Harchi Je n’ai qu’une langue, et ce n’est pas la mienne (Pauvert/Fayard 2016)

Anna Moï le Venin du papillon (Gallimard 2017)

Nathacha Appanah Tropique de la violence (Gallimard 2016)

Sabine Wespieser (éditrice)

Vendredi 22 septembre Paris 3 Amphithéâtre D 03

Matin : Temps : Histoire, mémoire et patrimoine (colloque animé par Laurent Martin : comment les institutions muséales et patrimoniales traitent-elles la question de la diversité culturelle ? Comment penser et montrer l’articulation de l’histoire et de la mémoire de l’immigration ? Sont-elles nécessairement conflictuelles ? Pourquoi n’existe-t-il pas en France de musée de la colonisation ?)

  • Octave Debary (anthropologue, univ. Paris 5)
  • Evelyne Ribert (sociologue, CNRS/EHESS)
  • Hélène Hatzfeld (politologue, Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement-UMR CNRS 7218)
  • Stéphane Malfettes (chef du service de coordination et de la programmation culturelle du Musée de l’Immigration)

12h30-14h : buffet

Après-midi : La question de la transmission (table ronde animée par Alain Pierrot : quel rôle peuvent jouer les institutions éducatives dans la valorisation des différences et dans la transmission de la mémoire des diverses communautés qui composent la France ? Quels programmes peuvent-ils être mis en place pour faciliter l’interculturalité ? Quelle place faire à la diversité culturelle dans la construction d’une culture commune ?)

  • Marjorie Nakache et Kamel Ouarti (Studio théâtre de Stains)
  • Gilles Delebarre (chargé du programme DEMOS à la Philharmonie de Paris)
  • Ana Azor Lacasta (Migrar es cultura au musée de l’Amérique à Madrid)
  • Olivier Cogne (directeur du Musée dauphinois)
  • José Alcantud (professeur d’anthropologie sociale à l’université de Grenade)
  • Amar Nafa (Association Génériques)

16h30-17h : pause

17h-19h : Présentation de la Compagnie Tamérantong par Christine Pellicane et son équipe : 25 ans de travail artistique, culturel, social et politique dans les quartiers

19h-20h30 Cocktail

Cette université est organisée avec le concours de :

Comité scientifique Claire Blandin (univ. Paris 13), Philippe Coulangeon (CNRS/Sciences Po), Laurent Fleury (univ. Paris-Diderot Paris 7), Gérôme Guibert (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3), Christine Manigand (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3), Bruno Péquignot (univ. Sorbonne-Nouvelle Paris 3), Alain Pierrot (univ. Paris-Descartes Paris 5).

Comité d’organisation : Kaoutar Harchi, Catherine Kirchner, Yann Lévêque, Camille Mérité, Malcolm Théoleyre, Nicaise Wegang.

Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés! En particulier Yann, à qui nous devons cette remarquable affiche…

Et ces non moins remarquables programme et flyer, à télécharger et à distribuer à volonté :

USPC PROGR

Flyer_USPC 2017 VECTOR +3mm

Et voici l’adresse où remplir le formulaire d’inscription :

http://shiva.univ-paris5.fr/index.php?sid=59466&lang=fr

Je vous tiendrai au courant et mettrai régulièrement en ligne infos et liens que les divers participants me feront parvenir.

A bientôt donc.

LM

Valeurs du livre

Bonjour,

je trouve enfin le temps d’écrire quelques lignes sur deux événements marquants – du moins : qui m’ont marqué – survenus ces dernières semaines.

Le plus récent est le bon tour qu’à quelques-uns nous avons joué à Pascal Ory, ce grand professeur et chercheur en histoire qui m’a formé comme il a formé aux moins deux générations d’historiens, que ceux-ci soient devenus des « professionnels » de la discipline ou non. Avec quelques collègues et amis – Julie Verlaine, Christophe Gauthier, Dimitri Vezyroglou – nous avons fomenté un tendre complot au nom de code fruitier (POM pour Pascal Ory Mélanges) à l’occasion du départ à la retraite de notre maître. Nous avons retrouvé et contacté un à un tous ceux dont Pascal avait dirigé les travaux, soit comme directeur de thèse, soit comme « garant » d’HDR (l’habilitation à diriger les recherches). Nous leur avons demandé de proposer un texte en hommage à Pascal ; le sujet était libre, la seule condition était de respecter le secret sur l’opération. Quelques mois plus tard, nous recueillions toutes ces contributions pour les publier avec l’aimable et compétente complicité de Sylvie Le Dantec et de l’équipe des Publications de la Sorbonne.

Voici ce que ça donne :

La première et la quatrième de couverture :

POM_CouvPhoto

Le dessin de couverture a été offert par Jul, que Pascal Ory connaît bien et apprécie ; le dessinateur s’est inspiré du célèbre dessin de Léonard de Vinci, intitulé « L’homme de Vitruve » pour évoquer la curiosité encyclopédique de l’historien et l’humanisme qui caractérise son regard sur le monde, sans oublier la touche d’humour sans laquelle il n’est pas de gai savoir.

Je renvoie ceux qui désireraient acquérir le livre au site des Publications de la Sorbonne :

http://www.publications-sorbonne.fr/fr/livre/?GCOI=28405100827650

En voici déjà le sommaire qui, comme le dit fort bien le texte de présentation de la quatrième de couverture, « reflète non seulement la diversité des parcours et des domaines de recherche des élèves de Pascal Ory mais aussi l’éventail assez prodigieux des intérêts de celui qui ne s’est jamais voulu un maître – mais l’était et le reste, en vérité, dans le meilleur sens de l’expression. » On tient là, en effet, une manière de condensé de l’histoire culturelle et politique contemporaine telle que Pascal Ory a su l’incarner avec quelques autres chercheurs et enseignants de sa génération. Qu’on en juge :

Introduction

Les trois formules du professeur Ory
Alexandre Saintin

GUERRE & OCCUPATION

« Si étrange était le fléau… » Une préscience(-fiction) du désastre de 1940 – et de quelques autres : Jacques Spitz, La Guerre des mouches
Pierre-Frédéric Charpentier

« Idéologie » ou « culture » ? D’une lecture culturaliste du phénomène nazi
Johann Chapoutot

Le journal de la Corporation nationale de la presse
Philippe Jian

Représentations et collaboration
Vincent Artuso

Le collaborateur : petite histoire d’une grande figure de l’ennemi
Anne Simonin

La séduction d’une politique culturelle de masse. Images, emblèmes et couleurs dans les célébrations vichystes (1940-1944)
Rémi Dalisson

INTELLECTUELLES & INTELLECTUELS

Le Rosebud de Dominique Desanti
Anna Trespeuch-Berthelot

Faire l’histoire de l’histoire littéraire : jalons pour l’approche du cas Louis Aragon
Erwan Caulet

Dialogue autour du théâtre populaire
Nathalie Lempereur

Échappées, vacances et villégiatures de philosophes 1900
Stéphan Soulié

POLITIQUES CULTURELLES & SYMBOLIQUES

La salle V : visite en Front populaire
Pascale Goetschel

Pour l’histoire des politiques symboliques : le cas de la Marcha peronista
Esteban Buch

L’encadrement périscolaire. Une histoire culturelle des deux côtés de l’enceinte scolaire, 1936-2016
Nicolas Palluau

Bibliothèques : l’abandon du politique ?
Anne-Marie Bertrand

La politique culturelle et la création (1959-1981)
Antoine de Baecque

Le renouvellement de l’identité urbaine : des armoiries aux logos
Julie Manfredini

L’oxymore du président normal. Le prisme cérémoniel
Patrick Garcia

MÉDIATIONS CULTURELLES & ARTISTIQUES

HEY! Une revue d’art entre marges artistiques et culture de grande diffusion
Laurent Martin

Mélancolie des industries culturelles
Christophe Gauthier

Histoires de Jacques Goimard. Ou comment, « entre deux Mai », le cinéma, la science-fiction et la bande dessinée sont entrés à l’université
Dimitri Vezyroglou

L’Association, une aventure éditoriale en bande dessinée : de la majorité à la maturité d’un « art mineur »
Benjamin Caraco

Le Dom Juan de Marcel Bluwal. La création d’une œuvre patrimoniale pour la télévision
Évelyne Cohen

CIRCULATIONS INTERNATIONALES

Jumelage et commémoration : fondement du rapprochement des peuples, outil de construction des mythes
Alain Dubosclard

Le temps où l’abstraction eut raison. Histoire, mémoire, patrimoine : la respectabilisation des avant-gardes
Julie Verlaine

Le Festival mondial des arts nègres de Dakar (1966) : un jalon important de l’histoire du panafricanisme
Chloé Maurel

Le jazz fusion ou la world music avant l’heure. Réflexions sur la mondialisation de la musique américaine (1969-1975)
Ludovic Tournès

CORPS INTIME EXPOSÉ

Corps d’armée, corps aimé : quand Cocteau et le maréchal Lyautey parlaient sexe
Élisabeth Hennebert

Élégance et esthétique. Contribution à une histoire des représentations dans le sport en général et dans le tennis en particulier
Françoise Taliano-des Garets

La sexualité adolescente dans la France des Trente Glorieuses, entre « âge », « classe », « genre » et « race »
Régis Révenin

Étoiles et tabliers. Vedettariat, cuisine et cinéma en France dans les années 1930
Myriam Juan

PORTRAIT : Pascal Ory, un historien radiophonique Propos recueillis
Séverine Liatard

Bibliographie des publications à caractère scientifique de Pascal Ory (1970-2017)

Pour Pascal Ory, la surprise ne s’arrêtait pas là. Allant jusqu’au bout de leur projet machiavélique, les directeurs de l’ouvrage donnèrent rendez-vous chez l’un d’eux – qu’il soit remercié, ainsi que sa charmante épouse, pour son hospitalité! – aux contributeurs des Mélanges ainsi qu’à Pascal ; mais si les premiers étaient au courant de ce qui se tramait, le second ne l’était pas. Et ce fut donc pour lui une deuxième surprise que de découvrir ses élèves assemblés (une première, en réalité, puisque le livre lui fut offert dans un second temps) et bien décidés à fêter dignement ce qui ne pouvait être, en tout état de cause, qu’un faux départ. Pascal en resta sans voix, littéralement, et le cas est suffisamment rare pour être signalé. Mais nous ne lui demandions pas de discours, seulement de nous aider à déboucher le champagne et de poser pour la photo de famille, à quoi il se prêta avec la meilleur grâce du monde.

 

Dans les jours qui suivirent cette mémorable soirée, Pascal nous gratifia d’un message à la mesure de l’émotion qu’il éprouva ce soir-là, nous remerciant d’avoir créé « un objet de bonheur », qui serait désormais le « livre le plus précieux de sa bibliothèque ». Et cela m’a ramené en esprit à un autre moment heureux que je venais de vivre quelques jours plus tôt, là encore autour d’un livre, ou plutôt des livres, et toujours en excellente compagnie.

Quelque part en Provence, dans le Var, non loin de la petite ville de Salernes, se trouve l’un des royaumes de l’esprit où vont ceux qui désirent penser, créer et apprendre dans le plus bel environnement qui soit. Sorte de Cerisy-la-Salle provençal, la fondation des Treilles accueille depuis les années 1980 pour des résidences et des séminaires artistes, savants, écrivains, chercheurs, délestés pendant un temps plus ou moins long de tout souci matériel. Là, dans le décor enchanteur d’un domaine de trois cents hectares alternant pinèdes et oliveraies, champs de lavande et de blé, la plus belle nature rencontre la plus belle culture, que cette dernière prenne la forme des sculptures contemporaines aux abords des habitations au goût parfait, des débats érudits, des conversations brillantes autour de tables splendides, des livres tirés de la riche bibliothèque ou encore des méditations favorisées par les promenades, les baignades dans les piscines mises à disposition des résidents, sans oublier les siestes aux heures les plus chaudes de la journée. C’est là, au milieu de l’azur, des vagues et des splendeurs (mais sans les esclaves nus tout imprégnés d’odeurs, hélas et tant mieux!) que j’ai vécu une pleine semaine à réfléchir sur le livre et la lecture, cette passion ancienne.

Plus précisément, sur la « démocratisation des lettres », thème de la semaine qu’avait magistralement organisée Olivier Bessard-Banquy, professeur à l’université de Bordeaux III et grand spécialiste du livre et de l’édition. Il avait convié une petite vingtaine de collègues à réfléchir avec lui sur cette question difficile, essentielle, et curieusement encore peu traitée de notre histoire culturelle. Je ne vais pas résumer la teneur des discussions ni ma propre communication (sur les politiques du livre et de la lecture publique depuis 1945), les actes de la rencontre paraîtront dans quelques mois aux éditions Gallimard. Je voudrais seulement revenir sur un ou deux points qui touchent à la « valeur » du livre, de la littérature et de la lecture. Non point à la valeur marchande du livre, qui est un sujet important, ni même à sa valeur d’usage si on entend par là l’usage du livre ou de la littérature à des fins de distinction sociale, qui est un autre sujet important. Mais à ce qui fait la valeur de l’acte de lire des livres littéraires et non seulement utiles ou pratiques. « Pourquoi lire plutôt que pas? » pourrait-on ainsi formuler la question capitale.

Question capitale et urgente, sans doute, à l’heure où la pratique culturelle appelée « lecture » a tendance à régresser, dans le temps comme dans les budgets des individus contemporains, au profit d’autres pratiques liées aux images et aux sons, aux jeux et aux écrans. Certes, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, on n’a jamais peut-être autant lu et écrit qu’à l’heure des messageries électroniques, des réseaux sociaux et des sites d’information en ligne. Mais ce qui régresse en valeur absolue et plus encore relative, c’est la lecture silencieuse, concentrée, intensive, de livres-mots qui bâtissent par la seule magie du verbe un univers offert à la contemplation ou à la réflexion. Certains genres ont pratiquement disparu de l’édition, poésie, écriture dramatique ; d’autres sont menacés, comme le roman et l’essai, sans parler du livre universitaire. Le livre-papier est jugé ringard mais le livre électronique peine à le remplacer et l’on connaît trop d’intérieurs (habitations et boîtes crâniennes) d’où le livre est totalement absent. Peut-être n’y a-t-il là qu’un retour à la normale après la longue parenthèse de la « graphosphère » (Régis Debray) dont l’âge d’or se situe quelque part entre le milieu du XIXe siècle et les dernières années du XXe. Mais comme tous les clercs dont Saint-Régis est le patron, qu’ils soient de haute ou de basse caste, je ne peux m’empêcher de déplorer cette perte, sans discerner encore tous les gains promis par les chantres de la société connectée.

Ancien « gros lecteur » (deux livres au moins par mois selon les catégories du ministère de la Culture) devenu, par la faute du surtravail universitaire mais aussi par l’addiction aux séries télévisées (celle-ci étant peut-être en partie la conséquence de celui-là), un lecteur amaigri, réduit à quelques lectures rapides, utilitaires et distraites, je participe moi-même à ce basculement anthropologique, tout en essayant de le freiner et d’entraîner ma fille à y résister. Peut-être en raison de cet écartèlement cognitif et presque moral, je suis d’autant plus sensible à ce qui constitue l’irremplaçable valeur de la lecture quand celle-ci ne recule pas devant l’obstacle d’une pensée complexe, d’une écriture exigeante. Car, en effet, pour ce qui est du simple délassement, l’écrit n’offre à peu près rien que ne propose en mieux l’image accompagnée du son  ; pour la richesse des décors, le réalisme de l’action ou encore la précision de l’information, on trouvera sans doute mieux qu’un livre en regardant un film ou une série, en jouant à un jeu électronique, en consultant une encyclopédie en ligne. Mais il y a tout le reste.

Le reste, c’est-à-dire le plus important : la construction d’une pensée autonome, personnelle, l’édification d’un sujet libre. Pour m’en tenir à la forme-reine de la littérature contemporaine, le roman, rien de plus interactif que sa lecture : le lecteur co-construit le monde qui lui est proposé, alors que ce monde lui est imposé dans ses moindres détails par l’image et le son. Là où l’image mouvante et sonore nous impose sa présence et tyrannise notre imaginaire, le livre le libère ; il n’est pas de plus sûr moyen d’évasion contre le trop de réalité (au sens d’imitation du réel) qui sature l’image analogique ou numérique. Là où le spectateur est fasciné, hypnotisé, le lecteur le plus engagé dans sa lecture peut toujours l’interrompre, lever les yeux, reprendre pied dans le monde réel. Alors que nous sommes de plus en plus « empêchés de nous tenir à distance de ce qui est », pour reprendre les mots d’Annie Le Brun, le livre et la lecture maintiennent cette distance salvatrice contre les dangers d’une immersion qui nous coupe des autres, du monde et de nous-même.

Mais, parvenu à ce point de sa démonstration, l’historien se souvient que ce danger de l’immersion, ce risque de ne plus faire le départ entre réel et fiction, était précisément ce qui était reproché au livre de fiction par ses détracteurs, en particulier lorsqu’il tombait dans les mains des publics « vulnérables » qu’étaient, aux yeux des hommes du XIXe siècle, les femmes, les enfants et les prolétaires. Tous les arguments qui servent aujourd’hui à dénoncer les écrans servaient hier à dénoncer la lecture. Et j’ai bien conscience du caractère historiquement daté et socialement situé de mon plaidoyer (ou de mon prêche?) en faveur du livre. Il me faudra trouver de meilleurs arguments pour justifier ce qui n’est peut-être, après tout, qu’une habitude idiosyncrasique d’homme de lettres, qu’une « illusion scholastique » de plus.

En attendant, je vous laisse sur ces quelques lignes, plus convaincantes que les miennes, de Michèle Petit, tirées de son Eloge de la lecture paru aux éditions Belin en 2002 :

« On ne lit pas seulement pour maîtriser des informations, car le langage n’est pas réductible à un instrument ou à un outil de communication. On ne lit pas pour briller dans des salons ou pour singer des bourgeois qui, du reste, ne lisent pas tous, loin de là. Beaucoup de femmes et des hommes un peu moins nombreux lisent par goût de découvrir et pour inventer du sens à leur vie, y compris dans des milieux populaires. Pour sortir du temps, de l’espace quotidiens, accéder à un monde élargi. Pour s’ouvrir à l’inconnu, se transporter dans des univers étrangers, se glisser dans l’expérience d’un ou d’une autre, s’approcher de l’autre en soi, l’apprivoiser, moins le redouter. Pour savoir ce qui a été inventé comme solutions à la difficulté d’être de passage sur terre. Pour habiter le monde poétiquement et ne pas être seulement adapté à un univers productiviste. »

Et elle continue dans la même veine, faisant le lien entre littérature et culture et ce qui pourrait aussi relier, comme le fait l’imagination visuelle des étoiles d’une constellation, Pascal Ory, la Fondation des Treilles et mon travail au sein du département de Médiation culturelle de l’université de Paris III, soit le rapport étroit entre l’histoire culturelle et le présent de la culture :

« La culture, plus largement, n’est pas une coquetterie de nantis, c’est quelque chose qui touche au sens même de la vie. Elle n’est pas non plus un totem érigé, rassembleur, mais plutôt quelque chose qui est, ou qui devrait être, à la disposition de chacun, pour qu’il puisse s’en saisir, en faire usage, à tel ou tel moment de sa vie. »

Je vous laisse sur sur cette belle et grave pensée, de quoi méditer tout un été que je vous souhaite reposant et stimulant tout à la fois, ce qui n’est pas forcément incompatible. Que vous le passiez parmi le crissement des cigales de la Provence, le bruit des vagues bretonnes,  les sonorités étrangères ou les plaisanteries des garçons de café parisiens, pensez surtout à emporter de quoi lire (et pourquoi pas écrire), car on peut toujours oublier chez soi son paquet de cigarettes ou de biscuits, sa bouteille d’eau ou son flacon de crème solaire, qui sont choses aisément remplaçables : mais oublier son livre, ses livres de vacances, voilà qui vous gâche plus sûrement un journée que la pluie la plus drue et la plus froide.

LM